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Rythmes scolaires : déclaration au CDEN du 30.08.17

samedi 2 septembre 2017

Alors qu’aucun bilan n’a été tiré sur la dernière réforme des rythmes, que 3 décrets se sont succédés ces 5 dernières années sur le sujet, nous voilà revenus au point de départ.
« Le changement des rythmes » qui devait être une réforme emblématique de la Refondation de l’Ecole n’a pas été réussi. Cette réforme devait « réduire la journée de l’élève » mais a abouti à des dizaines de rythmes différents, le plus souvent bricolés à partir des contraintes des collectivités territoriales.
Dès le départ, le compte n’y était pas, ni pour les élèves, ni pour les enseignants. Le premier projet de décret relatif à l’aménagement du temps scolaire du précédent gouvernement avait été désavoué par la communauté éducative au Conseil supérieur de l’Education. Pour sa part, le SNUipp-FSU avait voté contre puisqu’il allégeait de manière insuffisante la journée scolaire. Son cadrage insuffisant ne permettait pas de garantir une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves avec notamment un périscolaire gratuit et de qualité partout. Il a ouvert la voie à des dégradations des conditions d’exercice du métier d’enseignant et accru les inégalités en fonction des moyens et des politiques des communes.
Pourtant cette « réforme des rythmes » répondait à une réelle problématique que le retour « au choix » à la semaine de quatre jours obère complètement. Le retour à la semaine de 4 jours institué une première fois par le décret Darcos en 2008 (avec à l’époque des journées alourdies par l’aide personnalisée) répond à des intérêts d’organisation du temps des adultes voire à des intérêts uniquement économiques mais pas à celui des enfants.
Avec de nombreux partenaires de l’école, les enseignants ont toujours été favorables à une réflexion sur les rythmes favorisant la réussite de leurs élèves sur tout le territoire. Ce en prenant en compte tous les paramètres : rythmes des enfants, organisation de la journée, de la semaine, de l’année, mais aussi du fonctionnement de l’école dans son ensemble, des rythmes sociaux et du respect de leurs propres conditions de vie personnelle et professionnelle.
Les enseignants, qui doivent gérer de trop longues journées d’école, ne sont pas hostiles aux cinq jours d’école. La mise en œuvre de la réforme par le ministre Peillon n’a pas répondu à leurs attentes et a brouillé les cartes quant aux objectifs premiers de l’Ecole. Ils observent que la journée des écoliers reste très longue, leur fatigue (voire leur agitation) importante, la concurrence entre privé/public, entre communes renforcée… Ils constatent que la priorité « au scolaire » est peu visible voire remise en cause dans certains lieux.
Au final, devant ces difficultés, beaucoup d’entre eux, sont d’accord pour un retour aux quatre jours voire le souhaitent. Mais ils savent que l’essentiel est ailleurs, l’ensemble des enseignants demande en tout premier lieu une baisse des effectifs par classe, particulièrement élevés dans notre pays. Ils demandent la reconnaissance de tous leurs temps de travail et revendiquent la possibilité de pouvoir travailler en équipe. Ils réclament enfin d’être formés et d’être aidés pour réussir l’inclusion de tous leurs élèves.
Dans le Calvados, ce sont finalement plus du quart des écoles du Calvados qui reviennent à ces « quatre jours ». Les familles et les enseignants l’ont appris au mieux le jour de la sortie…
Le gouvernement avait affirmé que le retour aux quatre jours ferait l’objet de concertation, que la question des rythmes se discuterait localement et non depuis la rue de Grenelle pour "voir ce qu’il y a de mieux pour les enfants". Pourtant pour plusieurs des écoles concernées, ce sont encore une fois les communes qui ont imposé leur choix, sans qu’il n’y ait unanimité des conseils d’école avec une décision motivée par « l’intérêt de l’élève ».
La FSU dénonce la précipitation dans laquelle s’est faite cette « contre-réforme ». L’annonce tardive des changements de rythmes met en difficulté les écoles en termes d’organisation et d’informations aux familles. Elle a de lourdes conséquences aussi les affectations des enseignants, leurs temps partiels.
A moyen terme, le décret Blanquer orchestre surtout un désengagement de l’État dans le domaine de l’Education. Sous couvert d’autonomie, l’unicité du fonctionnement des écoles sur le territoire n’est plus assurée. Les collectivités territoriales sont mises en difficulté et en concurrence et devront gérer les conséquences de maintenir ou non du « périscolaire » et le financement des milliers d’emplois des personnels.
Le SNUipp et la FSU invitent tous les partenaires de l’Ecole, tous les personnels à agir pour qu’il y ait une réelle prise en compte des rythmes de l’enfant, un cadrage national pour que le service public d’Education dispose des moyens nécessaires à la réussite de tous, ce sur tout le territoire.

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