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Rythmes scolaires : objectifs non atteints !

En décembre dernier, le SNUippFSU a été la seule organisation syndicale à ne pas s’être associée au rapport d’étape du Comité de suivi national des rythmes remis au ministre. Ce rapport d’étape bien angélique et peu étayé de remontées des écoles, affirmait que le décret qui organise la mise en œuvre de la réforme n’avait pas à être revu. Au Conseil Supérieur de l’Education, en janvier 2012, le SNUipp-FSU a voté contre ce décret qui ne conjugue pas intérêt des élèves et des enseignants.

lundi 17 février 2014

Oui à une réforme des rythmes pour mettre fin à la semaine de 4 jours de Darcos, mais pas n’importe quelle réforme. Faire reculer l’échec scolaire reste bien le défi majeur de notre école, l’engagement premier des enseignants.

Lors du comité national des rythmes du mercredi 12 février, le SNUippFSU a remis au ministre son contre-rapport, fruit de l’enquête menée auprès des enseignants. La prise en compte ou non de leur avis est déterminant.

Plus leur point de vue de professionnel a été nié dans l’organisation des rythmes, plus les enseignants portent un regard critique sur la mise en œuvre de la réforme. Quand ils n’ont pas été associés, ils ont alors le sentiment de subir une réforme à marche forcée, d’être laissés pour compte.

75 % estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées. Ce chiffre passe à 84 % quand l’avis du conseil d’école n’a pas été suivi. Les enseignants dressent la liste des conséquences négatives de la réforme sur leur métier : partage non concerté des salles de classes, animation pédagogiques placées le mercredi après-midi, multiplication de réunions pour réguler les transitions périscolaires – scolaires pris sur leur temps personnel, temps des APC imposés par des municipalités.

Selon les enseignants, l’amélioration concernant les apprentissages des élèves n’est pas aujourd’hui au rendez-vous. Seuls 22 % des enseignants estiment que c’est mieux. Ce chiffre tombe à 12 % quand l’avis du conseil d’école n’a pas été suivi. Tous estiment qu’il manque les autres pièces (programmes, effectifs, Rased, formation continue, plus de maîtres que de classes, ...) déterminantes pour une meilleure réussite des élèves.

Certes, des enseignants témoignent de réussites. Mais, elles semblent correspondre à des caractéristiques précises : c’est le plus souvent le fruit d’un travail de concertation approfondie, d’une prise en compte de l’avis des enseignants, dans des villes avec un tissu associatif développé, une grande expérience du périscolaire, mais aussi des villes de petites tailles et donc avec une petite masse d’élèves et un petit nombre d’écoles

Au final, le sentiment de gâchis prédomine. Une réforme qui agit comme un levier de découragement là où au contraire notre profession a besoin d’une reconnaissance mobilisatrice.

Dans le Calvados, en 2013, 125 écoles sont entrées dans la réforme. 17 organisations du temps scolaire différentes existent. Pour 2014, 381 écoles dans 272 communes vont adopter la réforme sur la base de...31 organisations différentes du temps scolaire. Les chronobiologistes s’accordent tous sur le nécessité de la régularité des horaires sur la semaine... Or, la plupart des élèves des écoles du Calvados iront à l’école à des horaires différents selon les jours de la semaine....

En l’état, cette réforme n’est pas applicable avec succès dans toutes les écoles. Le SNUippFSU demande la suspension de sa généralisation. Il demande une réécriture totale du décret. Le SNUippFSU a toujours considéré qu’il aurait fallu traiter avant ou au moins dans un même mouvement une réforme des rythmes et des mesures pour la réussite des élèves conjuguées à l’amélioration des conditions de travail. La baisse des effectifs, le déploiement du plus de maîtres que de classes, la reconstitution des RASED, et une confiance rétablie envers les équipes enseignants sont indispensables.

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