Retour accueil

Vous êtes actuellement : Le SNUipp-FSU 14  / Actualités 


Cycle CM1-CM2-6e : Dernière pièce à l’école du socle commun » et inquiétudes sur le statut des enseignants

A la suite de l’adoption de la loi de refondation, des décrets publiés à la fin de l’été révisent les cycles pédagogiques et organisent un continuum de la maternelle à la troisième.

lundi 10 février 2014

Les cycles se succèdent tous les trois ans, cycle des « apprentissages premiers » (petite section-grande sections), cycle des « apprentissages fondamentaux » (CP-CE2), le fameux cycle de « consolidation » (CM1-6e) et enfin le cycle des « approfondissements » (5e-3e).

Les programmes seront corrigés par le nouveau Conseil Supérieur des Programmes parallèlement pour tous les nouveaux cycles, dès 2014 pour les niveaux de maternelle, en 2015 pour le CP, le CM1 et le niveau 5e, en 2016 pour le CE1, le CM2 et le niveau 4e et enfin en 2017, pour le CE2 et les niveaux 6e et 3e.

La création d’un cycle triennal, qui part du CM1, fait de la 6e un prolongement du primaire.

Au sein de la FSU, le SNES, le SNEP, le SNUIPP sont concernés en tant qu’enseignants (le SNUPDEN des chefs d’établissement, et SNPI pour les inspecteurs le sont aussi en tant que personnels d’encadrement) et interrogés dans leurs mandats respectifs mais force est de constater, une forte convergence de vue.

Lors du congrès de Saint-Malo, ce printemps, le SNUippFSU a réaffirmé son opposition à un cycle qui peut « remettre en cause les spécificités de l’élémentaire (le CM2 doit rester attaché à l’école primaire) et du collège et constituer une mise en place d’une école du socle ».

Pour le SNES et le SNEP, l’entrée au collège marque une nouvelle étape, celle de la découverte de disciplines identifiées par un enseignement spécifique assurées par des professeur-es différent-es. Il s’agit donc de défendre le bien-fondé de la rupture entre l’école primaire et le collège. Et c’est cette rupture qu’il faut accompagner.

Le mandat du SNUippFSU est clair à ce sujet. « Dans le cadre d’un véritable parcours scolaire (avec des programmes cohérents de la maternelle au lycée), les entrées en maternelle, au CP comme au collège marquent des changements de cadre, de méthodes et de pratiques nécessaires à la construction de l’enfant et de l’adolescent. Elles doivent être mieux accompagnées et permettre aux élèves de s’approprier progressivement des espaces et des temps scolaires, des modes de travail, des attentes scolaires différents. »

Le SNES et le SNEP seront amenés à revoir leurs mandats pour tenir compte de cette innovation lors de leur congrès au printemps 2014. Il ne s’agit pas pour les syndicats de la FSU de sous-estimer les difficultés que rencontrent certains élèves à cette étape de leur scolarité. Mais en quoi les élèves en situation d’échec en fin de CM2 seraient les grands bénéficiaires de la poursuite d’un cycle jusqu’en fin de 6e ? Comment imaginer que prolonger un type de scolarité, à travers l’école du socle, serait une solution miracle ?

Les objectifs sont donc ailleurs. Les collègues ne se laisserons pas abuser, le cycle CM1-CM2-6e n’est pas le biais indispensable pour lutter contre l’échec scolaire.

Cette innovation ne serait-elle pas plutôt le prétexte à des propositions d’échanges de service entre le secondaire et le primaire, dégradant les conditions de travail et le statut des un-es et des autres ?

L’intervention de professeur-es des écoles, enseignant-es polyvalent-es, sur les deux premiers niveaux, CM1 et CM2, ne serait-elle pas un moyen d’introduire la bivalence pour les professeur-es de collège au nom de la continuité pédagogique du cycle ?

A l’inverse, les PE ne risquent-ils pas d’être encadrés par les professeur-es « spécialistes » du secondaire dans leur matière respective ? D’autant plus qu’un conseil de cycle écoles-collège est créé pour le superviser. Pour le SNUIPP, ce conseil est en contradiction avec un autre mandat. Les liaisons entre les cycles « doivent inclure des projets librement élaborés par les équipes, sans injonction hiérarchique : d’uniques réponses d’ordre structurel ne peuvent pas être suffisantes ».

Ce conseil pourrait vite se révéler un gadget peu efficient, voir inopérant.

Mais le ministère a sans doute le projet de s’appuyer sur les « bonnes volontés », le volontariat, et les expérimentations pour enfoncer encore un coin et apporter la dernière pièce à l’école du socle.

Une très grande vigilance s’impose, notamment lorsque seront débattues ces questions en CA et dans les Conseils pédagogiques.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |