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Réforme des rythmes scolaires : bilan sans appel, ça n’a pas pris !

Bilan de la mise en place de la réforme en France et dans le Calvados

vendredi 5 avril 2013

22,3 % des élèves devraient changer de rythme à la rentrée 2013. Le bilan national et par département présenté par le SNUipp est sans appel. Le report à 2014 est massif et la réforme doit être remise sur le métier.

Si tout le monde juge nécessaire une réforme des rythmes, au plan national, seulement 18,6 % des communes, 22,5% des écoles, et 22,3 % des élèves seront finalement concernés par une modification des rythmes scolaires dès la rentrée 2013.

Dans l’académie, seulement 56 communes appliqueront la réforme en 2013 : 37 dans le Calvados, 13 dans la Manche et 6 dans l’Orne 669 communes attendent 2014 !

Dans le Calvados, sur 320 communes, 283 reportent à 2014. Seulement 37 communes dont Caen, appliquent dès 2013. Cela représente 124 écoles DONT 52 écoles de Caen. Avec ces chiffres, le Calvados est largement en dessous des 18 %....

Le pourcentage d’élèves concernés par une application en 2013 est de 16,62 % pour l’académie, 27,9% pour le Calvados. Ce chiffre tombe à 19% si l’on ne compte pas les écoles de Caen !

Dans le Calvados, comme partout ailleurs, une majorité écrasante de communes estiment que la réforme est loin d’être mûre et attendront 2014 comme le demandait le SNUipp-FSU.

Les disparités départementales sont importantes : aucun élève ne changera de rythme dans le Val de Marne ou les Hauts de Seine, moins de 1% dans les Bouches du Rhône, 2,6 % dans le Rhône, 3,5 % dans les Alpes maritimes. Par contre, ils seront 98% en Ariège, 80 % en Haute Garonne, 84% dans les Deux-Sèvres, 79,5 % dans les Landes.

Pour les écoles passant en 2013, les Directeurs académiques doivent maintenant valider les projets présentés par les collectivités locales ou les conseils d’écoles.

Pour ces écoles, le SNUipp-FSU demande à ce que les nouvelles organisations de la semaine (mercredi ou samedi) et de la journée (horaires scolaires, durée de la pause de midi, contenu et organisation des activités périscolaires en fonction de l’âge des enfants) soient le fruit d’une réelle concertation avec les enseignants et les parents au sein des conseils d’école. Là où les projets ne sont pas encore clairement finalisés, la concertation doit se poursuivre.

D’une manière générale et dès maintenant, il faut tirer les conséquences de ce premier bilan afin de préparer sereinement 2014.

La prise en considérations des conditions de travail des enseignants, les questions du financement des activités éducatives, de leur gratuité, du recrutement et de la qualification des animateurs restent entièrement posées.

- Il faudra apporter des réponses aux enseignants. Leur avis doit être pris en compte dans les projets qui doivent se discuter. De réelles concertations doivent se mettre en place.

Il faut aussi avancer vite sur la nécessaire revalorisation de leurs salaires. Le ministère doit maintenant mettre sur la table des propositions sérieuses concernant la création d’une indemnité s’alignant sur l’ISOE du second degré et des améliorations de leur déroulement de carrière.

- Il faut aussi donner des garanties aux collectivités locales qui ne peuvent, à elles-seules, supporter le coût de la réforme sur le long terme. A défaut, les nouveaux temps éducatifs promis aux enfants par le ministre pourraient bien se transformer en garderie et creuser ainsi des inégalités déjà trop lourdes en matière d’offre éducative.

Le SNUipp demande donc au ministre que le comité de suivi de la réforme qui sera installé début avril et auquel il participera soit force de propositions pour améliorer les insuffisances de la reforme actuelle.

Il faut revoir et assurer les financements pour 2014 et au delà, revoir totalement le décret sur l’aménagement du temps afin de permettre à des organisations construites localement de voir le jour ( deux mercredis sur trois comme à Toulouse ou Poitiers, après-midi très allégés pour libérer une plage horaire robuste aux activités périscolaires comme le projette Lille…)

Réussite des élèves ? il faut des recherches

Enfin, le suivi de la réforme ne peut se cantonner à des contingences organisationnelles. Il faut engager un travail sérieux et approfondi de suivi des élèves concernés par la réforme dès 2013. Le SNUipp demande la mise en place de recherches indépendantes pour évaluer ses effets sur le bien-être et les apprentissages des élèves.

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