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Le gouvernement remet en question le calcul des retraites des fonctionnaires

lundi 8 février 2010

Le déficit des régimes de retraites atteindrait 100 milliards par an en 2050 en l’absence de réforme, révèle François Fillon. Il estime qu’il faudra travailler plus longtemps, revoir la façon dont sont calculées les pensions des fonctionnaires et ne pas faire de la pénibilité « le point central du débat ». Le Fonds de réserve des retraites pourrait être sollicité plus tôt que prévu.

Les contours de la réforme des retraites ne sont pas totalement arrêtés, mais le gouvernement ne se prive pas de les dévoiler largement depuis quelques jours. Les dernières annonces ont été faites par François Fillon dans une interview au « Figaro » de samedi. « Il nous manquera 100 milliards d’euros par an pour financer nos retraites à l’horizon de 2050 », révèle le chef du gouvernement. Le Premier ministre dévoile là une nouvelle prévision alarmante. Les dernières projections, réalisées en 2007, prévoyaient un besoin de financement de 70 milliards d’euros au milieu du siècle. Il faudra donc trouver 30 milliards de plus.

Vers une négociation houleuse

Pour cela, le Premier ministre confirme d’abord qu’il compte modifier la façon dont sont calculées les pensions des fonctionnaires. La question « du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire dans la fonction publique se pose évidemment », déclare-t-il. C’est la première fois que le gouvernement aborde aussi précisément cette question ultra-sensible. Les retraites des fonctionnaires sont calculées sur la base de leur salaire des six derniers mois, une référence plus avantageuse que les 25 meilleures années prises en compte pour les salariés du privé. Sur le même sujet

Augmenter l’âge légal

François Fillon reconnaît que la réforme de 2003, qui prévoit un allongement progressif de la durée de cotisation « n’a pas un effet suffisant sur les comportements », l’âge moyen de départ augmentant « très peu ». Il laisse ainsi entendre qu’il faudra aussi augmenter l’âge légal, fixé à 60 ans depuis 1982. « Sans aucun doute, il faudra toucher à ce curseur-là », a déclaré sur RTL le ministre des Affaires sociales, Xavier Darcos.

Une hausse des cotisations n’est pas exclue - la question « sera posée » - mais elle devrait avoir lieu à prélèvements constants. « Personne ne pense qu’il faille augmenter le coût du travail en France et le Premier ministre n’a pas dit cela », a explicité Xavier Darcos. La loi de 2003 prévoit une hausse des cotisations vieillesse compensée par une baisse des cotisations chômage. Cette idée « est toujours d’actualité », affirme le Premier ministre, mais il ajoute qu’elle ne pourra être mise en oeuvre qu’une fois la crise passée, lorsque la situation financière de l’assurance-chômage le permettra.

Dernière annonce importante, le Fonds de réserve des retraites pourrait être mobilisé plus tôt que prévu. Mis en place par la gauche en 1999, le FRR n’avait pas vocation à être utilisé avant 2020, mais le gouvernement est tenté d’avancer cette échéance. Doté d’une trentaine de milliards d’euros, il pourrait être sollicité « pour passer le cap », c’est-à-dire pour résorber les déficits le temps que les réformes produisent leur effet.

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